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Arleen Marcia Tuchman : “Le diabète était considéré comme une maladie juive à la fin du XIXème siècle.”

Qui a le diabète et pourquoi ? L’historienne américaine raconte dans son dernier livre comment le diabète a été interprété par les scientifiques à travers la catégorisation raciale. Il couvre une littérature foisonnante de la fin du XIXème siècle jusqu’à la publication du rapport Heckler sur la santé des Noirs et des minorités en 1985. Bien plus qu’une histoire culturelle du diabète, "Diabetes : a history of race and disease" révèle les origines des discriminations liées au diabète de type 2. Dans cette interview, Arleen Marcia Tuchman urge les acteurs privés et publics à prendre en compte les facteurs socio-économiques dans la recherche sur le diabète.

Arleen Marcia Tuchman : “Le diabète était considéré comme une maladie juive à la fin du XIXème siècle.”
Arleen Marcia Tuchman / Glucose toujours
  • Glucose toujours : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? D’où venez-vous, que faites-vous et qu’enseignez-vous ?

     

    Arleen Marcia Tuchman : Je viens de Brooklyn à New York et j’habite aujourd’hui à Nashville dans le Tennessee. J’ai vécu en Israël, en Allemagne et aussi dans d’autres régions des États-Unis. Mais je vis à Nashville depuis 1986. Je suis venue ici pour le travail. Je suis historienne de la médecine à l’Université Vanderbilt. J’enseigne l’histoire de la médecine et de la science à des étudiants du département d’histoire en licence et master.

     

    Glucose toujours : Quels sont vos sujets de recherche ?

     

    J’étudie l’histoire de la médecine et l’histoire de la science au XIXème et au XXème siècles. J’ai écrit un livre sur l’histoire de l’éducation médicale en Allemagne. J’ai aussi écrit une biographie de Marie Zakrzewska. Elle a appris le métier de sage-femme en Allemagne au milieu du XIXème siècle mais elle est ensuite venue aux États-Unis car c’était l’un des rares pays où l’on pouvait avoir un diplôme en médicine à l’époque. Elle a finalement fondé un hôpital pour femmes et enfants à Boston. Elle avait une autre vision de la place des femmes dans la science et rejetait ce que la plupart de ses pairs féminines pensaient. Ces dernières estimaient que les femmes devaient faire médecine car elles étaient naturellement faites pour soigner les autres. Mais Marie Zakrzewska disait au contraire que les femmes devaient revendiquer leur place en médecine sinon elles seraient relayées à l'arrière-plan. J’ai donc écrit sa biographie comme une façon de penser la relation entre le genre et la science. Puis j’ai passé les douze dernières années à travailler sur l’histoire culturelle du diabète. En tant qu’historienne culturelle, je m’intéresse aux récits que l’on raconte sur un peuple, une population et les maladies. Pour mon prochain projet, je travaille sur l’histoire de l’addiction. Il y a de très bons ouvrages sur l’addiction et l'alcoolisme, mais très peu d’entre eux s’intéressent aux familles de celles et ceux qui doivent faire face à l’addiction. J’essaie de raconter cette histoire. 

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